samedi 1 avril 2017

La maladie de Lyme

La maladie de Lyme, ou borréliose est la maladie transmise par les tiques la plus fréquente au Québec.  Elle est causée par une bactérie de type spirochète, Borrelia burgdorferi.  Le vecteur, c’est-à-dire le moyen par lequel elle est transmise à l’animal ou à l’homme, est la tique à pattes noires (Ixodes scapularis).

Bien qu’on connaisse cette maladie depuis déjà 20 ans aux États-Unis et en Europe, les cas québécois se font maintenant de plus en plus fréquents. On considère que la bactérie B. Burgdorferi  est présente chez plus de 15 % des tiques à pattes noires au Canada, mais cela varie selon la région.  Ainsi, le sud du Québec est l’une des trois régions à plus haut risque de borréliose au Canada!

Les chats qui sont exposés à la bactérie par une morsure de tique à pattes noires, développeront une réponse sérologique (apparition dans le sang de signes indiquant qu’il y a eu présence d’un organisme infectieux) mais l’incidence de la maladie chez les félins est incertaine.

Le chien est l’espèce la plus susceptible de développer les symptômes de la maladie après l’humain.  La maladie de Lyme chez l’homme est caractérisée par un syndrome grippal aigu accompagné de lésions cutanées. Si elle n’est pas traitée rapidement, des conséquences neurologiques, cardiaques ou arthritiques peuvent devenir chroniques.

La médecine vétérinaire joue ici un rôle important en santé publique.  En effet, par la détection des tiques et de B. burgdorferi dans l’environnement, les chiens testés jouent un rôle de sentinelle face à cette maladie.

La tique Ixodes scapularis a un cycle de vie en trois stades de développement, larve, nymphe et adulte. Les humains et les chiens sont habituellement infectés par les nymphes ou les tiques adultes. Au Québec, chez le chien, il semble que la transmission ait lieu principalement pendant les périodes les plus actives du stade de la nymphe (au printemps) et de la tique adulte (à l’automne). La période des tiques s’étend donc de la fonte des neiges en avril à la fin de l’automne en novembre.
Les tiques résident dans les herbes longues et les sous-bois. Elles s’accrochent sur l’animal lorsqu’il passe à proximité. La transmission de la bactérie B. burgdorferi se fait en 24 à 48 heures. Toutefois, seulement 5 à 10 % des chiens infectés développent des signes cliniques de la maladie.

Contrairement à l’humain chez qui se manifeste un syndrome aigu de la maladie, le chien ne développera de signes cliniques que 2 à 6 mois après l’infection. Cela complique l’établissement du diagnostic.

Les premiers signes visibles de l’infection incluent la fièvre, la léthargie et la boiterie. Après quelques jours, des conséquences telles qu’une polyarthrite (douleur dans plusieurs articulations en même temps), une néphrite (atteinte des reins), une myocardite (atteinte du cœur), une uvéite (atteinte des yeux) et des atteintes du système nerveux peuvent survenir.

Des tests nous permettent de détecter les anticorps à B.burgdorferi pour confirmer une exposition à la bactérie. Un traitement peut ainsi rapidement être amorcé pour les chiens positifs et ayant développés des signes compatibles avec la maladie. Le traitement consiste en la prise d’antibiotiques pour un minimum d’un mois. Généralement les signes cliniques se résorbent en moins de trois jours mais malheureusement des récidives sont possibles car aucun traitement n’est à ce jour efficace pour éradiquer totalement les bactéries de l’organisme. C’est pourquoi la prévention est préférable.

Le meilleur moyen préventif de la maladie de Lyme est la protection contre les tiques. Notons qu’il existe aussi un vaccin contre B. burgdorferi. Au Québec où la prévalence de la maladie est relativement faible comparativement au nord-est des États-Unis, la prévention contre les tiques semble être le moyen le plus indiqué et impliquant le moins d’inconvénients. Outre de vérifier le pelage de l’animal après une promenade dans un boisé, de nouvelles formulations à croquer, très efficaces contre les tiques  et sans effets secondaires notables à administrer aux mois ou aux trois mois sont disponibles.  Il existe aussi un  traitement topique à verser sur la peau mais attention ce traitement est toxique pour les chats.

La prévention des tiques fait maintenant partie du protocole de protection des chiens au Québec. De même que pour les puces et le ver du cœur, chaque printemps est l’occasion de protéger les chiens contre ses indésirables parasites.

Joanne Corbeil, dmv, CCRP

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